Jamel Administrateur
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| Sujet: Vers l'abolition du «goulag chinois» Lun 7 Jan - 10:40 | |
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Vers l'abolition du «goulag chinois»
Mis à jour le 07/01/2013 à 10:33 | publié le 07/01/2013 à 09:49
Le ministre de la Sécurité publique, Meng Jianzhu. Le Parlement chinois pourrait adopter en mars le projet qui lui a été soumis de suppression du système de «rééducation par le travail».Les sinistres camps de travail chinois pourraient disparaître dès cette année. C'est le plus haut responsable chinois en matière de sécurité, Meng Jianzhu, qui l'a annoncé ce lundi, en révélant que le projet de suppression du système de «rééducation par le travail» avait été soumis aux commissions compétentes du Parlement chinois. La décision pourrait ainsi être adoptée en mars, lors de sa session annuelle. Le communiqué est laconique, mais l'agence officielle Chine Nouvelle l'a commenté sur un ton étonnant, titrant sur l'espoir de voir ce dispositif «disparaître dans les poubelles de l'histoire». En septembre dernier, les autorités chinoises avaient laissé entendre que cette révolution était à l'étude. Les médias officiels avaient évoqué des «projets pilotes», lancés dans quatre grandes villes du pays, dont Nankin. Il s'agissait notamment de tester en remplacement un système «d'éducation et de correction des délits», dans lequel la police ne serait plus seule à avoir la main et où certains condamnés pourraient être rééduqués en restant dans leur communauté. Soit une liberté restreinte au lieu d'une perte totale de liberté. Même si la suppression n'est pas totale, une réforme aura bien lieu. Le laogai, sinistre invention maoïsteIl faut dire que les camps de rééducation par le travail - les fameux laogai - étaient depuis longtemps sous le feu d'intenses et publiques critiques. L'été dernier, ils avaient suscité une flambée de colère sur Internet, après une triste affaire survenue dans la province du Hunan. Tang Hui, une mère de famille dont la fille avait été violée à l'âge de 11 ans et forcée à se prostituer, demandait instamment aux autorités - par le système des pétitions - que les coupables soient punis plus sévèrement. Y compris des policiers impliqués selon elle. Son insistance lui avait valu d'être condamnée à dix-huit mois de camp de travail, pour avoir «troublé l'ordre social et exercé une influence négative sur la société». À la suite de cela, des avocats célèbres avaient envoyé une lettre ouverte au ministère de la Justice, l'appelant à introduire de la transparence dans le système. Sinistre invention maoïste, le laogai a perduré et même prospéré jusqu'à nos jours. Mao avait théorisé la rééducation par le travail en 1957, pour traiter les petits délinquants et les gêneurs, des intellectuels notamment. Un temps mis en veille pendant la Révolution culturelle, le laogai a été réactivé dans les années 1980 et s'est développé depuis, avec une fâcheuse propension à s'étendre à toutes les voix quelque peu dissidentes. Vu du côté répressif, le système présente l'immense avantage de permettre d'enfermer quelqu'un pour une durée pouvant aller jusqu'à quatre ans, de manière extrajudiciaire, sans procès ni possibilité de recours à un avocat. Selon des chiffres officiels, il y aurait environ 350 camps de travail à travers le pays, mais leur nombre serait bien plus important. Si le laogai disparaît avec le printemps, la nouvelle équipe dirigeante chinoise s'offrira un joli succès d'image auprès de la société civile chinoise. En août dernier, l'agence Chine Nouvelle avait osé publier un sondage Internet montrant que 87% des participants souhaitaient l'abolition du système. | |
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