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Washington a intercepté des menaces d'Al-Qaida
Le 06.08.2013 à 06h34 • Mis à jour le 06.08.2013 à 06h39 Le numéro un d'Al-Qaida appelle les musulmans au Mali à "résister et à patienter" devant l'intervention militaire française dans leur pays, estimant qu'ils pourraient "infliger une nouvelle défaite aux croisades mondiales".
C'est l'interception de messages contenant des menaces d'attentats entre le numéro 1 d'Al-Qaida, Ayman Al-Zawahiri, et le chef de la filiale Al-Qaida dans la Péninsule arabique (AQPA) qui a précipité la décision de Washington de fermer une vingtaine d'ambassades et de consulats américains, ont rapporté lundi 5 août plusieurs médias américains.Selon le
New York Times, le chef de l'organisation terroriste aurait ordonné à Nasser Al-Wuhayshi, basée au Yémen, de perpétrer une attaque dimanche dernier. Il lui aurait demandé de
"faire quelque chose", a également indiqué CNN.
Lors d'une conférence de presse lundi à Washington, la porte-parole adjointe du département d'Etat, Marie Harf, a refusé d'en dire davantage sur l'état précis de la menace.
"Nous continuons d'évaluer les renseignements, de les analyser et (...) nous prenons des mesures de précaution pour protéger nos employés, nos visiteurs et nos infrastructures à l'étranger", s'est-elle bornée à répéter une dizaine de fois, reconnaissant qu'
"AQPA est l'organisation terroriste la plus active des filiales d'Al-Qaïda".
"EXCÈS DE PRUDENCE" ?Invoquant des menaces crédibles d'attentats, Washington avait annoncé jeudi que 25 représentations diplomatiques et consulaires (sur 222 dans le monde) allaient fermer à compter du 4 août. 19 d'entre elles le resteront jusqu'à samedi. Sont concernés les postes d'Abou Dhabi, Amman, du Caire, de Ryad, Dhahran, Jeddah, Doha, Dubaï, Koweït, Manama, Mascate, Sanaa, Tripoli, Antananarivo, Bujumbura, Djibouti, Khartoum, Kigali et Port Louis. En revanche, ceux de Dacca, Alger, Nouakchott, Kaboul, Herat, Bagdad, Bassorah et Erbil ont rouvert lundi.
Selon un ancien collaborateur de la CIA au Moyen-Orient, Robert Baer, interrogé par CNN, il est
"très, très inhabituel de fermer 22 ambassades en même temps". Les Etats-Unis sont en état d'alerte, a averti Michael McCaul, président de la Commission de la sécurité intérieure de la Chambre des représentants, parlant sur CBS d'
"une des menaces les plus crédibles et les plus précises que j'ai vues depuis le 11-Septembre". ABC News a de son côté cité un responsable américain anonyme évoquant le déploiement de kamikazes avec des bombes implantées chirurgicalement dans leur corps pour déjouer les contrôles de sécurité.
Aux yeux de Phil Mudd, chercheur à la New American Foundation, Washington fait preuve d'un
"excès de prudence", encore marqué par l'attentat contre son consulat à Benghazi (Libye) le 11 septembre 2012 qu'il n'a pas pu anticiper.
Les Européens ont emboîté le pas aux Américains, mais en se montrant beaucoup moins alarmistes.
"Nous ne disposons pas de preuves spécifiques que cette menace vise des délégations de l'Union européenne, mais, comme toujours, toutes les précautions nécessaires ont été prises", a déclaré un porte-parole de la chef de la diplomatie européenne, Catherine Ashton. Suivant leur allié américain, Paris et Londres ont prolongé de plusieurs jours la fermeture de leurs ambassades au Yémen.